Dans notre culture, l’amour apparaît erigé en tant que fin en soi, objectif ultime, sentiment honorable et merveilleux conduisant au bonheur.

Cependant la plupart du temps je le perçois comme un biais cognitif qui, berçant de rêves pieux nous confortant dans l’ignorance, empêcherait de nous confronter à des vérités susceptibles de casser nos illusions/croyances.

Amour et couple

L’amour est régulièrement relié à la notion de couple. On a « un(e) chéri(e) » donc on forcément l’aime.

Une autre vision de l’amour est celle faisant appel à l’attirance ressentie à l’égard d’un individu. Parfois sans même le connaître, on se met soudainement à l’aimer… avant de tomber des nues. ^^

Ainsi l’amour est à fois assimilé à une relation et à un sentiment, deux concepts qui pourtant diffèrent.

Malheureusement en pratique ces relations et sentiments ne sont fréquemment que momentanés, finissent par s’effriter jusqu’à éventuellement disparaître.

Voilà que survient la rupture.

Mais alors… qu’est-ce qui fait qu’un couple dure ou ne dure pas ? Bien souvent, il s’agit de la satisfaction continue de nos intérêts personnels.

Entre autres la capacité qu’a un partenaire à nous procurer des avantages, que ce soit en terme de « stimulation hormonale », d’entente réciproque, de finances, de projets en commun, de reproduction, ou tout simplement de stabilité sociale… Un contrat implicite est d’abord établi, avant de possiblement finir formalisé par l’intermédiaire d’un pacte explicite (tel que le mariage).

Lorsque les conditions ne permettent plus de répondre aux besoins égoïstes individuels, il y a séparation. (Notez que les conditions préalables à la séparation peuvent concerner toute une communauté, et non pas juste 2 personnes.)

Pour anecdote, on tombe également sur des individus qui prétendent aimer à la folie, prêts à « tout sacrifier » sans que personne ne leur ait demandé…. et qui EN RETOUR espèrent de l’affection. Or il semblerait plutôt qu’ils s’aiment d’avantage que l’objet supposé de leur amour, puisqu’ils attendent une récompense « en échange » d’efforts qu’ils se sont eux-mêmes imposés. XD

Vu sous cet angle, nous nous situons donc loin du mythe de l’amour idéal et éternel mais d’avantage dans le cadre de relations utilitaires. Des relations que l’on s’efforce de maquiller par un sentiment noble afin de justifier ses actes. Ce qui ne tombe pas si loin de la névrose (ou de la psychose). 🙂

L’autre devient un outil. Et lorsqu’il ne sert plus, il part à la poubelle et on le remplace (si on en a les moyens !).

Amour et « capitalisme »

Très jeunes, tandis que l’instinct sexuel n’est pas encore si développé, nous sommes déjà baignés dans une marée de propagande nous préparant à notre future vie d’adulte.

Le formatage commence.

Quel enfant n’a jamais entendu « plus tard tu vas te marier et avoir beaucoup d’enfants », « c’est ta/ton petit/e copin/e ? »…

Les contes pour juniors, romans, films, et médias en tout genre, nous bassinent d’histoires amoureuses souvent binaires. Sans compter les sites ou applications de rencontres, escorts, proxénétisme, voire tourisme sexuel.

Tout un marché se développe autour du thème amoureux. Il s’organise en réseau.

Les limites entre amour et sexe sont ainsi floutées, facilitant l’association entre consommation (plaisir, sexe…) et sentiment bienséant/honorable (amour). (Voir « chien de Pavlov ».)

Ainsi l’homme qui recherche l’amour en vient à rechercher du sexe, ou une présence affective, une relation. Et parce que les règles en société confèrent un statut avantageux aux familles ayant acquis une certaine stabilité, il se convainc parfois de la nécessité de trouver un partenaire de vie (moyen/long terme) afin de combler au possible ses besoins. Une durabilité par ailleurs facilitée par l’existence d’affinités communes, d’où l’homogamie prévalente.

Distinction entre amour et relations amoureuses

Une confusion règne — et est entretenue — dans notre culture : celle de confondre amour et désir. C’est pourquoi je terminerai cet article en distinguant plusieurs types d’amours, puis en redéfinissant ces mots, afin de vous partager ma conception.

Dans cette conception, l’attirance physique et/ou comportementale entre 2 individus serait d’avantage un sentiment amoureux que de l’amour à proprement dit. Il serait régi dans un but de satisfaction personnelle.

Lorsque ce sentiment amoureux est partagé et accompli, il en résulte un couple amoureux (ou alors il reste au stade de simple relation amoureuse). Cette relation tient tant que l’association procure un intérêt aux différentes parties concernées.

Enfin l’Amour selon moi existe. Il n’est pas totalement éloigné de ce qui a été évoqué précédemment ni de l’amour universel proposé par certaines religions (compassion, don de soi, etc).

Cet Amour ressemblerait à une forme de commensalisme amenant à une dilution permanente de l’individualité dans « quelque chose de plus grand ». L’intérêt personnel n’a donc plus autant lieu d’être car il est l’intérêt de l’ensemble. Et inversement.

Evidemment, la probabilité que l’intérêt d’un ensemble soit celui de n’importe quel de ses éléments diminue plus le nombre d’éléments augmente (car la probabilité de dissensions/incohérences/dislocation augmente). Ce qui implique que l’Amour est plus facile à 1 élément : c’est à dire avec soi-même. 😀