Plus j’observe l’extérieur, plus je me dis que l’on ressemble à des machines. Après tout, nous avalons des règles, intégrons des paradigmes, sans toujours les questionner — sinon de manière limitée en pensant exercer son « esprit critique » — et on avance avec, en conditionnant nos réactions, se construisant une cohérence à travers nos propres paradoxes.

Retour au sujet ! 😮 Aujourd’hui, j’ai décidé de consacrer un petit article à la valeur « travail ».

La nécessité du travail

Il va de soi que sans travail, la société ne pourrait pas être telle qu’on la connaît. Mais est-ce pour autant qu’il est « nécessaire » ?

« Travaille ! »

Pourquoi ? Le point de vue peut varier selon que l’on perçoive cette nécessité comme un impératif catégorique ou hypothétique : travailler est-il inconditionnellement une fin en soi, ou le fait-on dans un but particulier ?

En général on considère que c’est pour la seconde option. 🙂

Qu’est ce qu’est le travail ?

Avant tout, il me paraît opportun de définir ce que représente ce terme car sa signification a évolué au cours des siècles.

Apparemment 🙄 son étymologie prendrait naissance à l’Antiquité en référence à un instrument (tripalium) destiné à attacher les animaux ou les esclaves, par extension à une corvée réservée aux castes inférieures. Au XIIe siècle, ce mot désigne également un tourment, une souffrance.

Ainsi travailler n’a pas toujours été modèle de vertu. 😈

Ce n’est qu’au haut Moyen Âge que le travail aurait commencé à prendre le sens qu’on lui connaît actuellement : une tâche permettant la subsistance de la communauté, du bien commun, et l’expiation de nos péchés. Avant d’acquérir, à la Renaissance, une connotation plus « noble et utile ».

Aujourd’hui, le travail est d’avantage défini comme une activité rémunérée, et productive (au sens économique). J’utiliserai cette définition.

Pourquoi travaille t-on ?

Beaucoup le font par défaut, que ce soit pour sur/vivre ou s’assurer une certaine stabilité sociale, sinon un confort de vie, critères sélectifs en vue de l’insertion dans une communauté. Un peu plus rares sont ceux qui exercent par passion, ou pure philanthropie. Généralement les gens tentent de concilier plusieurs bouts.

Travailler est aussi, pour quelques uns, devenu un moyen de sortir de l’isolement, voire s’octroyer une valeur, se mettre du « bon côté » de la société, à travers des processus de validation et reconnaissance sociale, en partie basés sur la notion de mérite.

Pourtant on peut bien vivre sans travailler ?

Oui… On songe facilement aux bénéficiaires d’aides sociales cependant de nombreux actionnaires, rentiers, ou individus générant des revenus passifs appartiennent aussi au cercle. 🙂

Bien que pouvant se permettre de « ne pas avoir d’activité », une des différences est que les premiers (aux revenus plus modestes) seront plus aisément pointés du doigt. Tandis que les seconds possèderont à priori plus de « statut », attisant des critiques d’un autre ordre.

De même, l’usage de l’argent n’est pas toujours indispensable. En attestent de nombreuses personnes qui ont opté pour une « vie alternative » dans la simplicité et le bonheur modeste. Ceux-ci auront par exemple une vie nomade, à base de troc, de partage etc… Notre modèle de vie (« à l’occidentale ») n’est pas universel. Malheureusement de tels choix ne seront pas compatibles avec les exigences (ou nécessités, capacités) de chacun.

C’est pourquoi nous travaillons avant tout pour répondre à nos propres besoins, lesquels peuvent plus ou moins être conditionnés par les dogmes transmis par notre environnement.

Vive la croissance

Dans les médias et discussions quotidiennes, j’entends régulièrement parler de « croissance ». Pourtant tous ne sauraient expliquer en détail en quoi elle consiste, si ce n’est que « c’est une bonne chose car plus de croissance, plus de travail, plus d’argent, moins de misère ». 😮

Par « croissance » on se réfère fréquemment au PIB (produit intérieur brut), un des indicateurs de la « richesse d’un pays ». Malgré tout celui-ci comporte ses failles, car le PIB ne mesure pas toutes les richesses produites ni reflète le bien être d’une population. [1]

C’est ainsi qu’une destruction causée par la guerre sera favorable à la croissance. [2] … Alors qu’un patron qui se marie avec sa femme de ménage pour en faire une femme au foyer nuira certainement à la croissance. [3] 🙂

La « croissance », si bonne que ça ?

L’argent n’a de valeur que celle qu’on lui donne, n’est principalement qu’un vecteur… Concrètement : plus il y a d’argent, pas nécessairement y aura t-il moins de misère. En effet, une mauvaise répartition des ressources est susceptible de contribuer à l’augmentation des inégalités.

L’important concerne plutôt la gestion de ces ressources.

Celles-ci sont par ailleurs limitées, et à ce rythme leur exploitation massive aboutirait à une catastrophe mondiale. De quoi s’interroger sur la viabilité de notre fonctionnement économique. [4]

… Un fonctionnement à l’origine d’une quantité de pratiques dignes des pires films d’horreurs, se déroulant toutefois derrière le rideau de notre théâtre social (je vous laisser imaginer). 👿

Un système auto-entretenu

De l’école à la vie professionnelle, tout en passant par les diverses structures qui nous accompagnent, le citoyen se retrouve formaté en vue d’adhérer à des normes, et alors intégrer le « système ».

Il peut néanmoins se démarquer, refuser et tenter de ressentir son libre-arbitre, voire même façonner le monde à sa manière. N’en reste pas moins qu’il n’a pas emprise sur tout…

Par « système », j’entends cette gigantesque roue qui nous entraîne dans son sillage et que l’on ne peut arrêter seul tant son inertie est immense. Mais dont nous sommes pour beaucoup dépendants et ne pourrions faire sans, si elle venait à s’arrêter.

La fragmentation du savoir

Un constat particulièrement frappant (à mon sens) est la fragmentation du savoir : l’enseignement, ainsi que les corps de métiers, me semblent particulièrement cloisonnés.

(Toutefois les secteurs ne sont pas complètement isolés et savent parfois s’enrichir de compétences mises en commun.)

Très tôt une spécialisation dans un domaine est souvent exigée, limitant alors la vision d’ensemble de l’individu standard. D’ailleurs elle fait de lui un maillon remplaçable, défini par ses compétences et son métier (on le remarque à travers le marché de l’emploi).

Cette spécialisation a évidemment un sens, personne n’est capable de tout connaître alors autant se concentrer là où on peut.

Le fractionnement de ces compétences en tâches simples indépendantes le rend d’autant plus substituable par des machines.

Par contre, lorsque cette limitation concerne de « grands influenceurs » du système — souvent axés sur la communication plus que la résolution de « problèmes majeurs », leurs prises de décisions peuvent aller à l’encontre de leurs propres positions, voire porter préjudice à ceux qu’ils sont censés représenter.

Nous rentrons ainsi dans une société qui fonctionne beaucoup sur l’émotionnel. Avec les bonnes et mauvaises conséquences que ces choix comportent…

Se libérer de sa cage


[1] Leopold Kohr — Toward a new measurement of living standards. The American Journal of Economics and Sociology (1956) et The overdeveloped nations (1977)
[2] https://information.tv5monde.com/info/croissance-pib-la-grande-escroquerie-3992
[3] http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post/Epouser-sa-femme-de-m%C3%A9nage-fait-baisser-le-PIB-%21
[4] Un système sans lendemain, Dermot O’ Connor (35 minutes, 2012)

Le mouvement féministe prend aujourd’hui des proportions considérables au point de progressivement infiltrer de nouveaux territoires de notre quotidien.

Malheureusement, comme quasi tout mouvement de forte ampleur, lui non plus n’échappe pas à l’instrumentalisation des réseaux d’influence.

Certaines de ses déclinaisons n’ont par ailleurs aucun scrupule à adopter des attitudes qu’elles dénoncent : manipulation de masse, propagande, provocation délibérée, incitation à la consommation, à l’intolérance planquées sous des idéaux de justice et autres allures révolutionnaires.

Ayant toujours été en faveur d’une certaine « équité/egalité » (mais non sectaire), il n’en reste pas moins que l’irrationalité et la persistence dans la mauvaise foi que je retrouve parfois ne m’enthousiasment guère.

D’habitude ce « genre d’histoires » me fait fuir loin. 😀

Qu’est ce qui a changé ?

Surfant comme à l’accoutumée sur le web, les propos véhéments d’un internaute de doctissimo (sigis/mougeon/randi) m’intriguent. Même si le fond et la forme du discours me paraissent excessifs/caricaturaux, j’y perçois une forme d’analyse qui m’interpelle.

Il y est notamment question de philosophie MGTOW.

Après quelques recherches, je commence à envisager les choses sous un autre angle : celui des hommes qui auraient soi-disant connu « l’éveil ». Ceux ayant avalé la « pilule rouge » (référence à Matrix).

The red pill and its opposite, the blue pill, are a popular cultural meme, a metaphor representing the choice between:

Knowledge, freedom, and the brutal truths of reality (red pill)
Security, happiness and the blissful ignorance of illusion (blue pill)

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Red_pill_and_blue_pill

Cassie Jaye, ancienne féministe, s’en est d’ailleurs inspirée pour le titre de son documentaire (que je vous recommande).

La philosophie MGTOW et TRP

MGTOW signifie « Men Going Their Own Way », l’idée qui prédomine est que l’homme devrait prendre son propre chemin, se consacrer à sa propre réalisation et si besoin éviter toute relation avec une femme voire les rejeter, arguant qu’une telle relation lui serait probablement défavorable.

(Il n’est pas précisé « femme » ou « femelle » en tant que genre ou sexe, je suppose que c’est amalgamé. Donc je supposerai ici que femme = femelle.)

Il existerait plusieurs stades de désintéressement :

- Stade 0 : Prise de conscience de discriminations contre les hommes et rejet du "mensonge" que constituerait l'égalité entre les sexes.
- Stade 1 : Rejet des relations à long terme.
- Stade 2 : Rejet des relations à court terme et à long terme.
- Stade 3 : Désengagement économique.
- Stade 4 : Désengagement social par refus des interactions avec la société dans son ensemble.

Quant au TRP (The Red Pill), il s’agirait d’un ensemble de connaissances concernant les relations h/f sur lequel fonder sa réflexion. Par extension, TRP est associé aux pratiques permettant à l’homme d’aboutir à sa satisfaction sexuelle.

Ainsi le mouvement MGTOW — qui prône le retrait — se base sur le savoir TRP.

Mais les ressources TRP peuvent également servir à « séduire » (devenir un PUA, Pick Up Artist), ou encore lutter en faveur de la condition masculine (MRA, Men Right Activists), voire à la haine des femmes (Incells).

Quelles sont ces discriminations et mensonges ?

Tout ce qui suit ne fait pas forcément consensus mais je vais essayer de résumer ce que j’en ai globalement retenu.

Les TRP/MGTOW partent du principe que les rapports h/f ne seraient pas aussi favorables aux hommes que dépeints. En effet notre société tendrait aujourd’hui vers une vision gynocentrée dans laquelle la perception et les valeurs émotionnelles dites « féminines » prévaudraient, en particulier dans les « sociétés occidentales ». — Et facilitée par les médias.

Les féministes s’insurgeraient contre les complots masculinistes visant à instaurer un modèle patriarcal, sexiste, viriliste et mèneraient par conséquent une campagne dans le but d’acquérir une meilleure reconnaissance, un statut « au moins » égal à celui des hommes.

En guise d’argumentaire, elles s’appuieraient sur des statistiques qu’elles détourneraient en mettant les différences leur étant défavorables (salaire, harcèlement, violence subie, taille/musculature) sur le compte du patriarcat, du virilisme, voire des hommes plus généralement. Par exemple, si les femmes sont en moyenne plus petites que les hommes, c’est parce qu’elles auraient été privées de protéines par ces derniers.

Or la plupart des inégalités mentionnées ne sont pas niées par les TRP/MGOW. Ce qu’ils déplorent est la critique lacunaire et unilatérale à laquelle les hommes doivent faire face, comme s’ils cumulaient uniquement des avantages et étaient responsables de tout le malheur féminin.

Point de vue sociétal

Selon la communauté TRP :

  • la majorité des sans abri sont des mâles
  • ceux-ci constituent la majorité des suicides (à noter que le féminisme incrimine le dogme viriliste, et lui reproche de trop pressurer l’homme à travers le « mythe de l’homme fort »)
  • la majorité des décrochages scolaires sont également ceux de mâles
  • les femelles finissent plus souvent graduées à l’université
  • plus de 90% des accidents et décès au travail sont masculins (métiers à risques réservés aux hommes)
  • les violences domestiques à l’égard des hommes sont négligées : si 1 femme sur 3 subit la violence d’un partenaire au cours de son existence et si 1 femme est battue toutes les 9 secondes… ce serait le cas d’1 homme sur 7 [1], 1 homme serait également battu toutes les 14.6 secondes [2], ils seraient ainsi victimes de 40% des violences domestiques [3] … cependant il n’y aurait aux USA (The Red Pill, 2016) qu’un seul refuge pour hommes, contre environ 2000 destinés aux femmes : le ratio n’est donc pas « proportionnel »
  • les tribunaux seraient moins cléments à leur encontre (lourdeur des peines, affaires familiales, garde des enfants, condamnation à verser une pension pour une paternité illégitime [4] …)
  • les campagnes dans lesquelles les femmes sont victimes suscitent bien plus d’indignation (exemple : Boko Haram, #BringBackOurGirls [5])… de ce fait, il serait accordé d’avantage de considération à la vie des femmes (et des enfants) qu’il n’en serait accordé aux hommes… (l’homme serait « sacrifiable » et chair à canon, tandis que la femme serait porteuse de vie) […] en témoignerait le fameux « femmes et enfants d’abord ! » … l’homme, dressé en oppresseur, subirait une pression sociale et une perte de liberté induite par les politiques féministes
  • la « virilité » existerait par nécessité, au risque de conduire plus rapidement une civilisation vers son déclin, puis son extinction [6]

Bref tout ne serait pas rose non plus pour le genre masculin, au final pas vraiment détenteur du « monopole exclusif du pouvoir ».

Par conséquent, une question revient fréquemment : Si le féminisme vise réellement à l’égalité entre hommes et femmes, pourquoi chercher à obtenir uniquement des bénéfices, mais si peu à combler les désavantages du genre opposé ?

Point de vue relationnel

Nous en arrivons donc aux conséquences relationnelles.

Avant cela, permettez-moi de citer un postulat — discutable — régulièrement utilisé par les MGTOW -> la loi de Briffault [7] :

« C’est la femelle, non le mâle, qui détermine les conditions d’existence d’une famille animale. Si la femelle ne peut obtenir aucun bénéfice d’une association avec le mâle, alors il n’y a pas d’association. » @ Robert Stephen Briffault (1874-1948).

Vous pouvez également comptabiliser un second postulat qui serait la tendance hypergamique et solipsiste féminine :

L’hypergamie est pour un individu le fait d’avoir un conjoint dont le niveau social est plus « élevé », ou plus généralement, dans une société, le fait de préférer des alliances avec un conjoint de statut plus élevé. On parle d’hypergamie féminine lorsque le statut de la femme est inférieur à celle du mari, et d’hypergamie masculine dans le cas inverse. @ Wikipedia

D’après cette règle les femmes tendraient donc à vouloir s’accoupler avec des hommes aux attributs perçus comme supérieurs ou avantageux (je cite : grande taille, plus de beauté/confiance/confort/sécurité/humour que la moyenne, attention portée par les femmes « concurrentes », reconnaissance socio-professionnelle, santé financière etc…).

Solipsisme : Attitude du sujet pensant pour qui sa conscience propre est l’unique réalité, les autres consciences, le monde extérieur n’étant que des représentations @ Wiktionary.org

Un dernier postulat concerne « le mur » (the wall). Vers la trentaine/quarantaine, les femmes sentiraient leur « horloge biologique » tourner. Si cela n’a pas déjà été le cas, elles prendraient instinctivement conscience de « l’importance » de procréer. Or pour des raisons physiologiques, leur fertilité diminue plus rapidement que celle des hommes (bien que la qualité du sperme décroît avec l’âge, et que le risque de maladie du nouveau-né s’accroît). Soudainement et sans crier gare, elles se retrouveraient confrontées à ce qu’on nomme « le mur ». Pourquoi le mur ? « Belles et désirables », beaucoup de jeunes femmes n’éprouvent aucun mal à plaire aux hommes… jusqu’au jour où elles découvrent qu’elles ne sont plus aussi attirantes qu’elles l’étaient par le passé. Le choc. Le mur.

Bref. Des 2 premiers postulats, il en résulterait une concentration du désir d’accouplement dirigés vers les mâles dits « alphas », qui confèrerait un avantage sélectif à leur progéniture (ou simplement se faire plaisir car la nature étant bien faite, l’un impliquerait souvent l’autre).

[…] Dans le cas où l’association avec « l’alpha » ne pourrait pas être durable — ou ne pas avoir lieu du tout, elles se rabattraient sur les « mâles betas » dits « pourvoyeurs » n’hésitant pas à se plier en quatre (travailler, fournir un cadre de vie aux enfants d’un autre, effectuer des concessions, faire preuve d’une gentillesse intéressée…) dans le but d’obtenir un tant soit peu d’attention féminine. (Le franchissement du « mur » favoriserait ce type d’association, la femme voyant son attractivité réduite.)

In studies of social animals, the highest ranking individual is sometimes designated as the alpha. Males, females, or both, can be alphas, depending on the species. Where one male and one female fulfill this role together, they are sometimes referred to as the alpha pair. Other animals in the same social group may exhibit deference or other species-specific subordinate behaviours towards the alpha or alphas. Alpha animals usually gain preferential access to food and other desirable items or activities, though the extent of this varies widely between species. Male or female alphas may gain preferential access to sex or mates; in some species, only alphas or an alpha pair reproduce.

Source : https://en.wikipedia.org/wiki/Alpha_(ethology)

L’homme célibataire étant un piètre consommateur, le pacte monogame permettrait une répartition plus uniforme — et non naturelle — des couples. Le mariage fournirait ainsi aux hommes un accès facilité à la sexualité/reproduction, faisant par la même occasion de lui un meilleur producteur via l’accentuation de sa participation à l’économie (pour subvenir aux besoins de sa « famille »).

(Par contre si d’un côté l’homme participe moins qu’autrefois, de l’autre on assiste à une augmentation de la contribution féminine.)

Mais la libération de la femme contribuerait à revenir à ce stade antérieur sélectif (dans lequel une grande proportion de mâles esclaves de leur libido se verraient frustrés faute de ne pouvoir assouvir leurs pulsions). Voire à l’émasculation de l’homme devenu « toutou » de sa compagne, déconstruisant ainsi les structures préétablies qui rendaient autrefois le « pacte monogame » équitable.

Forts de ce constat et n’y voyant que peu de bénéfices, les MGTOW optent pour le choix d’un célibat assumé. Une position qui, dans l’hypothèse où elle se propagerait, conduirait à une apathie graduelle des hommes ainsi qu’une perte de productivité des pays où le « dictat féministe » règnerait. [8]

Mon avis

Je ne reviens pas sur la véracité ou non de ces postulats et de leurs corrolaires, interprétations — à vous d’en juger. Le concept de mâle alpha/bêta me semble réducteur mais a le mérite d’être facile à appréhender. Après je pense que tout concept social sufisamment élaboré devient erroné dès lors qu’on le rend systématique (NAWALT :D).

D’ailleurs quelques TRP pourront présenter la mentalité de certaines féministes comme une forme de déni (refus d’assumer leur fantasme de la virilité, cf formation réactionnelle).

Petite mise en garde : le fonctionnement d’autres mammifères ne s’applique pas nécessairement aux humains. Et vice versa.

Je crois tout de même que l’analyse comporte une part de vérité. (Tout comme j’en retrouve chez les féministes.)

Ces considérations me semblent toutefois principalement destinées aux hommes en « situation d’échec » afin de légitimer leur position consistant à se soustraire (à contrecoeur ?) du schéma conventionnel, ou bien à ceux qui ne souhaitent pas prendre trop de risques (vision en terme de bénéfices, moins en terme de sentiments donc quelque part « calculé », ce qui est leur droit après tout).

Précisons aussi que « femme » est différent de « femelle » dans le sens où le premier mot renvoie à une construction sociale, et le second à une distinction biologique.

« Et c’est pas moi qui l’dit ! » –> https://fr.wikipedia.org/wiki/Femme

Une femelle peut, ce n’est pas si rare, d’avantage se comporter comme un « homme » qu’un mâle… De plus, et sans nier leur contribution, invoquer les hormones et la génétique à tout va pour justifier de thèses socio-évolutionnistes me paraît malhonnête lorsque la plasticité cérébrale contribue autant à bâtir notre réflexion, nos valeurs et désirs. Comme une manière d’éluder et déférer par un « c’est dans tes gènes », s’octroyant illégitimement une portée scientifique. (« Brr, quelle horreur. » XD)

D’ailleurs en parlant de génétique, qu’en est-il des individus atteints du syndrôme de klinefelter, de turner, des mâles dont le gène SRY n’a pas pu s’exprimer, des trans sous traitement hormonal ?

Enfin, la part culturelle et cérébrale me semble sous estimée, mais je trouve le point de vue intéressant, plutôt éclairant sur les relations et plutôt utile en pratique. 🙂 Apparemment il correspond à la réalité d’un paquet de monde (pas la mienne néanmoins).


[1] https://www.bhnv.org/statistics
[2] http://www.universityjournals.org/journal/JSMS/article-full-text-pdf/CBAF8E742
[3] https://www.theguardian.com/society/2010/sep/05/men-victims-domestic-violence
[4] https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/video-envoye-special-peres-malgre-eux_1563888.html
[5] https://youtu.be/cHhVyeHRxWk
[6] https://youtu.be/DbzhH3fpdGo
[7] Robert Briffault, The Mothers, Vol. I, p. 191
[8] https://pouvoirinique.wordpress.com/2015/07/11/dynamique-sexuelle/

A force de présenter « l’égalité » tel un idéal absolu, on oblitère rapidement les différences qui peuvent nous séparer. Or des inégalités existent intrinsèquement à l’état naturel, et tenter de gommer tout ce qui nous distingue ne rendra pas forcément le monde plus « juste ».

Mais qu’est ce qu’un monde juste ?

Egalitarisme inter espèces

Notre espèce tend à percevoir son environnement de manière anthropocentrée, en s’accordant une place de choix — notamment au sommet de la chaîne alimentaire. La valeur de formes de vie tierces passe alors régulièrement au second plan, afin de servir les intérêts de notre développement.

Abattoir

La présence de liens de subordination (ex : un animal domestique « appartient à »), ainsi que la légitimation de massacres à des fins festives ou simplement alimentaires, dénotent — entre autres — des écarts de traitements inter espèces.

Cependant l’homme est susceptible d’en prendre conscience et les juger « injustes ». Il se met parfois à prêter des traits humains (à tort ou à raison) à des espèces non-humaines, ce via l’observation de leurs conduites.

Une dérive possible est l’adoption de pratiques vantées comme permettant de préserver leur intégrité, alors qu’allant à l’encontre même de leur physiologie, voire volonté.

Exemples :

  • On castre un animal pour son « bien » (dont on se sera préalablement persuadé)
  • Pour soulager la brave bête de la souffrance vécue à l’intérieur des abattoirs, plutôt que directement supprimer ces camps (difficile car peu rentable)… on lui promet une mort « rapide et décente » (on dira que c’est mieux que rien)
  • Nombreux sont ceux qui clament l’égalité humain/non-humain mais maintiennent des rapports hiérarchiques
  • Si toute vie est égale en tout point et doit être traitée de la même façon, pourquoi ferait-on exception des plantes, insectes… ? (parce que leur « douleur » nous est moins évidente ? qu’il est moins aisé de leur reconnaître un caractère humain ?)

Egalitarisme intra espèces

Si des inégalités de considération sont flagrantes entre espèces, elles peuvent également l’être au sein d’un même taxon.

Citarum

L’adoption d’un modèle hiérarchique n’est pas systématique, mais il semblerait que toute société — ou culture — suffisamment complexe donne lieu à une organisation en pôle(s). Dans laquelle chacun des agents aurait un rôle dédié au sein du groupe (ex : leader, éxécutant, pourvoyeur, etc).

(Organisation non spécifique aux humains.)

Répartition des richesses (2012)

De même, une mise en opposition bien connue est celle entre riches/pauvres où les premiers partent, dit-on souvent, avec un avantage et en bénéficient tout au cours de leur vie.

Mais on trouvera aussi moult autres critères qui provoquent de houleux débats et/ou dissensions :

  • le genre
  • l’appartenance religieuse
  • la tranche d’âge
  • l’opinion politique
  • la « race »
  • le physique, la « beauté »
  • « l’intelligence »

… (liste non exhaustive)

Pour pallier à ces différences certaines mesures furent initiées par principe d’équité, sinon volonté d’une « égalité totale ».

De toute bonne volonté puisse t-on partir, ces mesures engendrent des traitements de faveur à l’égard de certaines classes d’individus et détrimentaires envers d’autres, donc introduisent de nouvelles inégalités.

Or, il va de soi que personne n’est vraiment égal et qu’il s’agit d’un idéal moral. Placer chacun sur un piédestal, et nier les qualités qui lui sont propres — tout comme les « défauts » — revient à vouloir uniformiser/normaliser leurs caractéristiques.

En résulte fréquemment un phénomène de déni, voire de nivellement par le bas (puisqu’il faut se câler sur ce qui atteignable par tous).

« La force d’une chaîne dépend de son maillon le plus faible »

Conclusion

L’idéal égalitaire est souvent confondu avec désir d’équité, de respect, et amène à des contradictions manifestes susceptibles de nuire à l’objet même de la lutte.

Souvent, cette égalité recherchée se manifeste par la volonté d’être « pris en considération » — avoir sa part du gâteau. Plus généralement obtenir une reconnaissance universelle, morale, en droits et possibilités.

Malgré tout, nous ne sommes jamais absolument égaux. Tenir compte des différences de chaque être (tout en adoptant une organisation adéquate) permettrait probablement de profiter d’une synergie bien plus constructive pour « l’intérêt commun ». Mais pour des raisons diverses (économiques, conflits d’intérêts, corruption, incohérences, discriminations, complaisance…), une telle mise en oeuvre semble ardue, voire exigerait l’instauration d’un régime un tant soit peu autoritaire.

Finalement, peut-être que le monde est-il plus juste à travers ses injustices (et ses luttes spontanées). 🙂