Je suis asexuel(le) — et asocial(e)

Selon Wikipedia,

L’asexualité, dans son sens le plus large, est l’état d’une personne (asexuelle) qui ne ressent pas d’attirance sexuelle pour une autre personne. L’asexualité a aussi été définie comme un désintérêt pour le sexe ou comme une absence d’orientation sexuelle.

Pire encore, je me démarque par mon asociabilité et mon désintérêt en les relations.

Il paraît que l’homme est par nature (très ?) sociable… alors peut-être n’appartiens-je pas à cette espèce. 😀

Comment cela se fait-il ?

Dans mon cas je ne pense pas que ce soit 100% inné.

Le fait de constater tant de conflits, comportements intéressés, mauvaise foi, hystérie, comportements manquant de « logique » (même s’il y en a une)… ont aussi été dissuasifs.

Cependant ne croyez pas qu’il s’agisse uniquement d’un choix. Il y avait déjà une base au départ…

Voici 3 autres raisons plausibles :

Physique et sexe

L’observation de mon entourage (et d’inconnus) m’a montré qu’il était courant de juger du physique d’un individu, et même parfois de l’évaluer spontanément selon une échelle. Ceux qui ne le faisaient pas explicitement n’en restaient pas moins insensibles à la plastique de leurs pairs. Ils modulaient alors leur comportement en fonction.

Ainsi l’apparence d’une personne outrepasse souvent le fond de ce qu’elle souhaite véhiculer.

Aujourd’hui encore, je continue de croiser des témoignages d’individus exhibant leurs critères de sélection, ainsi que l’importance générale qu’accorde la population à la séduction, leur vie sexuelle, tendant son corps comme on agite un morceau de viande.

Etant plutôt insensible à la « beauté » d’autrui, ce n’est pas quelque chose qui me parle. Je ne « comprends » pas, sauf à le superposer à un instinct reproductif, recherche de sécurité, de reconnaissance, affinités aux compliments ou aux critiques etc. Il y aurait une importante composante sociale.

Or je trouve « bizarre » que tant de gens changent d’attitude, de pensée — quitte à discriminer — sur la seule base physique.

Ne vous inquiétez pas, j’ai bien conscience que c’est « normal ». ^^

(Si certains se posent la question, oui je tiens compte du physique… Mais à un « niveau cognitif ». C’est à dire que je ne le « ressens » pas.)

Cela explique aussi pourquoi je ne décline pas mon sexe lorsque je converse sur le web : je sais que mon discours sera soumis à la représentation qu’auront les autres de ma nature biologique. Et bien que je ne sois pas « agenre », je trouve non pertinent de l’évoquer. Je laisse dire sans confirmer. =p

Relationnel

Je me sens peu proche des « gens ». Bon je reconnais que le terme est super générique… Mais au final j’ai tenté beaucoup de communautés : cercles d’études, autistes, schizophrènes, « HQI », groupes politiques, sportifs, travailleurs, marginaux… Ainsi que diverses « classes sociales ».

Résultat : le courant ne passe pas, je ne suis pas à ma place, plutôt en désynchro. L’impression d’appartenir à un autre monde, une autre réalité. Bien que retournant des signaux de façade, je brille par mon absence 🙂 (mon esprit est ailleurs, je déréalise).

Mon expression naturelle ne convient pas (je dois donc adapter mes mots, mon langage). Ma communication non-verbale est médiocre, ma perception de l’humour différente.

Je peux faire illusion quelque temps cependant cela me demande trop d’énergie (surtout à l’oral) et je finis par me replier (mon état basal). Je me tiens à l’écart, sans répondant, conserve une certaine distance.

Bien entendu le « problème » vient de moi (enfin c’est plus compliqué mais je résume).

La plupart du temps je me contente d’un contact cadré et défini (exemple : rencontre sportive, activité/sujet spécifique). Comme ça je sais — à peu près — à quoi m’attendre.

On pourrait dire que « j’évite » certaines situations… Toutefois je précise que je n’ai rien à y gagner. Je veux bien prendre de temps en temps des risques à la Tyler Durden… Mais pourquoi persister si cela n’apporte que des inconvénients ?

Par conséquent : comment avoir envie de présence humaine lorsqu’elle nous est si étrangère ? Quant au sexe, je vous laisse deviner… 😀

Société

Si je ne me sens pas proche d’autrui, c’est aussi en partie lié au système dans lequel nous évoluons. Bien sûr ce système dépend de l’époque, du lieu et plus généralement du contexte dans lequel on l’étudie.

Bref. Il m’apparaît artificiel, contradictoire, hypocrite, mal organisé, focalisé sur l’être humain, telle une construction folle rendue acceptable et ordinaire.

Où limite chacun tirerait pour avoir sa part du gâteau, régi par quelques structures bâties destinées à conditionner l’individu à une lutte prétendument « dans les règles ». Pour la survie, la consommation, le plaisir, le bonheur. (Et moi-même je n’y échappe pas.)

Où même ceux qui prétendent ne pas y appartenir reproduisent les mêmes schémas, doués d’un imaginaire collectif tenace.

Où valeurs morales et lois — qu’il est bon d’avoir de notre côté — seraient travesties/oubliées pour soudainement faire leur apparition aux moments opportuns.

la raison n’a pas tant que ça lieu d’être. Mais d’avantage la forme, la persuasion, les sophismes, la manipulation, l’appel aux EMOTIONS, les mensonges inavoués ou inconscients… Puis les intérêts communs, les groupes, les sectes, les croyances… Les conflits, les ruptures, le recommencement…

Pourtant je reconnais l’importance de posséder des points de repères, des sentiments, une stabilité dans nos fondations.

Sauf que le rendu final revêt pour moi un aspect ephémère, succinct. Et à mon niveau, incompatible avec MA sociabilité.

La sociabilité que je montre, c’est celle que les autres ont crée.

Conséquences

Ces différences causent de nombreux décalages de perception, des incompréhensions de part et d’autre comme si nous n’utilisions pas le même langage, et nuisent à ma volonté d’établir des relations. La plupart du temps, je garde ça pour moi car je ne vois pas pourquoi me « confier ». Je deviens mutique, aussi charismatique qu’une feuille de salade en décomposition — et je m’en tape ^^

Après tout, si tu ne te sens bien nulle part, en marge de ta propre espèce, comment pourrais-tu, en plus, apprécier une mise en cage forcée ?

Toutefois il est à noter que la marginalité, l’asocialité ou la misanthropie n’impliquent pas l’asexualité. Je dis seulement que cela a probablement joué dans mon cas. 🙂

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